Publications Histoire contemporaine de la France Joseph Caillaux: la paix sans annexion ni indemnité.
Vendredi, 16 Novembre 2012 10:32

Joseph Caillaux: la paix sans annexion ni indemnité.

Rédigé par  Monsieur Kastler
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Malgré l'Union sacrée, tous les hommes politiques français de 1914 à 1918 ne sont pas entièrement d'accord avec l'intransigeance militaire qu'incarnaient Georges Clemenceau et Raymond Poincaré. Parmi les représentants d'un pacifisme libéral, on compte le républicain Joseph Caillaux. En 1913, il soutient aux élections présidentielles Jules Pams contre Raymond Poincaré car il voit dans ce dernier "l'homme de la revanche". Son pacifisme agace certains journaux situés à droite du paysage politique comme le Figaro. Son directeur Gaston Calmette organise en effet une violente campagne de presse contre son pacifisme. Face à cette situation, la femme de Joseph Caillaux tue le directeur du journal. Elle est acquittée lors de son procès car son avocat parvient à faire passer son geste pour de l'hystérie.

La position de Joseph Caillaux pendant la guerre est dans la continuité de son pacifisme de temps de paix. Sans jamais trahir la France, il tente de trouver une solution pour mettre fin au conflit dans le cadre d'une paix sans annexion ni indemnité. Dès 1916, il propose dans un journal fréquemment censuré intitulé Le Bonnet rouge de prendre contact avec l'Autriche afin de conclure une paix séparée. De son côté, le tout jeune empereur Charles n'est pas encore intéressé par cette idée. Il en parle avec Guillaume II qui l'enjoint de refuser toute démarche dans ce sens. Ce n'est qu'à partir de janvier 1917 que l'empereur d'Autriche s'engage dans des démarches visant à mettre fin au conflit par l'intermédiaire d'un noble franco-allemand Sixte de Bourbon Parme qui transite par le territoire suisse. Le gouvernement français refuse cette proposition pourtant soutenue par une partie des diplomates français. Alexandre Ribot alors chef du gouvernement souligne qu'une paix sans modification des frontières est inacceptable pour l'allier italien entré en guerre en 1915.

L'arrivée au gouvernement de Georges Clemenceau en novembre 1917 ruine tout espoir d'évolution dans ce sens. En effet, ce dernier fait arrêter Joseph Caillaux et lui intente un procès dans le cadre de l'Affaire du Bonnet rouge en janvier 1918 (il est condamné en 1920 pour avoir "aidé involontairement l'ennemi" et amnistié en 1925). Dans le même temps, les démarches de Sixte sont dénoncées par Clemenceau en avril 1918. Il rend publique une lettre de l'empereur Charles dans laquelle ce dernier se prononce pour la paix. (L'historien français François Fejtö l'a reproduite dans un de ses ouvrages). L'objectif est avant tout de décrédibiliser l'Autriche auprès de son allié allemand. Clemenceau ne veut pas seulement terminer la guerre, il veut aussi la gagner.

Dernière modification Mardi, 20 Novembre 2012 17:18
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