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Ci-dessous en téléchargement la liste des croquis à maîtriser pour le Bac ES/L.

Le premier document vidéo proposé a été réalisé par le site lesechos.fr à partir d'un rapport de l'OCDE réalisé en novembre 2011 et intitulé "Toujours plus d'inégalités". Il analyse les causes de l'augmentation des inégalités à l'échelle de 22 pays membres de l'OCDE sur 36 et met les résultats en perspective à l'échelle mondiale.

Le second document vidéo réalisé par l'OCDE est en anglais. Il propose un certain nombre de renseignements complémentaires et permet de s'approprier le vocabulaire économique nécessaire à la description des inégalités dans cette langue.

On lira avec profit le document de synthèse proposé ci-dessous ainsi que la page que consacre la section sciences sociales de l'ENS-Lyon au rapport.

Le paradoxe veut que cette augmentation des inégalités se produise au moment même où le nombre de personnes vivant sous le seuil de l'extrême pauvreté (moins de 1,25 dollar par jour) d'après l'ONU diminue en conformité avec les Objectifs du millénaires pour le développement. On notera que la réduction des inégalité ne fait pas partie de ces Objectifs fixés dans le cadre de l'ONU.

Référencé par le site du CNRS et le portail national Eduscol, ce film tiré du livre de l'altermondialiste Naomi Klein The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism (2007) et réalisé par Michael Winterbottom a été à l'origine de nombreux débats sur le monde de l'après Guerre froide dans le contexte de la crise économique déclenchée en 2008. Pour Naomi Klein comme pour le réalisateur de ce documentaire, la mondialisation dans sa forme actuelle est la continuation de la stratégie de choc mise au point au Chili en 1973.

Ce film doit évidemment être considéré avec esprit critique en prenant en compte l'opinion de ses réalisateurs et sa date de porduction dans l'esprit de l'Etude critique de documents proposée au BAC. L'indignation sélective, les jugements extrêmes ou caricaturaux sur le rôle des Etats-Unis dans les relations internationales seraient le contraire d'une compréhension nuancée et citoyenne de ce documentaire. De notre point de vue, il a avant tout comme intérêt de nous amener à nous interroger sur plusieurs questions fondamentales pour tout citoyen d'aujourd'hui et de demain:

- Quel est le rapport entre libéralisme politique et libéralisme économique dans la mondialisation contemporaine?

- En quoi une conception déshistoricisée de la mondialisation est-elle dangereuse?

Avec plus de deux millions de morts, Stalingrad est la bataille la plus meurtrière de l'histoire de la Seconde guerre mondiale et donc de l'histoire de l'humanité. Il s'agit de la seconde défaite de l'armée allemande depuis 1940 (après El-Alamein) et de la première en Europe. Elle met fin au mythe de l'invincibilité de l'armée allemande et de la guerre rapide à l'Est: C'est à Stalingrad que les gonds du destin ont tourné comme l'écrivit Churchill.

Cette bataille est la conséquence de la véritable croisade contre le communisme lancée par Adolf Hitler le 22 juin 1941: l'opération Barberousse. Le communisme représenté sous la forme d'une pieuvre par la propagande nazie est désigné comme un ennemi à abattre pour des raisons idéologiques mais Hitler souhaite aussi s'emparer d'un espace vital (Lebensraum) à l'Est, reprenant ainsi le projet de poussée vers l'Est (Drang nach Osten) en conformité avec ce qu'il avait prétendu dans son livre programme Mein Kampf. Hitler souhaitait non seulement conquérir un vaste territoire à l'Est mais aussi en expulser par tous les moyens les habitants considérés comme inférieurs (slaves et juifs) afin d'y installer des Allemands en conformité avec son idéologie raciste. Dans le même temps, l'Allemagne nazie imaginait pouvoir s'emparer du grenier à blé ukrainien afin d'éviter que l'Allemagne ne soit affamée comme elle avait pu l'être pendant la Première guerre mondiale.

L'armée allemande se lance de toutes ses forces dans la guerre contre l'Union soviétique: 4 millions d'hommes, 3350 chars, 7000 canons, 200 avions, 600000 chevaux. La victoire doit être tellement rapide qu'elle ne prévoit pas de vêtements d'hiver. La guerre que déchaîne Hitler contre l'URSS est une guerre d'extermination qui confond militaires et civils en faisant de la guerre contre les partisans communistes un prétexte aux massacres administratifs. Cette guerre prévue dès l'automne 1940 est voulue par Hitler malgré les réticences des généraux de la Wehrmacht face à l'ouverture d'un second front. Au nom de son expérience d'ancien soldat aguerri, il choisit de prendre toutes les décisions stratégiques dans le cadre de la guerre à l'Est. Il commet ainsi de nombreuses erreurs.

Sa stratégie d'offensive permanente aboutit à l'extension démesurée du front. Après l'échec de la prise de Moscou à la fin de l'année 1941, Hitler redéfinit les priorités de la guerre. Il envoie en direction du Caucase et de Bakou les armées situées au Sud du front de l'Est. L'objectif est de s'emparer du pétrole de la mer caspienne. Sur leur route, les armées allemandes sont censées conquérir la ville de Stalingrad afin d'empêcher l'armée rouge d'utiliser ce noeud de communication pour reprendre pied dans la région. Dans un premier temps, la Wehrmacht parvient à prendre Stalingrad après avoir pris pied sur la colline Mamaïev et écrasé la ville sous un tapis de bombe. Mais la prise de Stalingrad a étendu le front en profondeur et permis à l'armée soviétique d'encercler par le Nord l'armée allemande: c'est le plan uranus imaginé par les généraux Joukov et Vassilievski. D'autre part, l'armée allemande connaît de nombreux revers à Stalingrad défendue par des hommes ou des femmes militaires et civils avec rage malgré leur manque d'équipement (les soldats allemands parlent avec mépris de "Rattenkrieg" ou guerre des rats). Le 31 janvier le général de la VIème armée allemande Paulus se rend et le 2 février les troupes allemandes capitulent définitivement.

C'est une catastrophe pour l'armée allemande dont plus de 100000 hommes sont faits prisonniers ainsi que le maréchal Paulus. D'autre part, elle permet à l'industrie russe située à l'Est de la Volga de dépasser l'industrie allemande dans le domaine militaro-industriel comme le montre la bataille de Koursk à l'été 1943 où la supériorité soviétique en matériel se manifeste pour la première fois. Enfin, c'est à partir de cette date que le prestige de Hitler commence à diminuer en Allemagne et en Europe et que la résistance reprend courage.

Cependant, derrière le mythe de Stalingrad qui commence alors se répandre en Europe, il y a la réalité d'une guerre totale réalisée avec des méthodes totalitaires de part et d'autre. Ainsi, l'interdiction de désertion était mise en oeuvre de chaque côté du front par la police politique qui était chargée d'exécuter tout soldat refusant le combat. D'autre part, il est fort difficile de ne pas s'interroger sur les conséquences paradoxales de cette victoire soviétique comme le fit l'écrivain Vassili Grossmann qui fut présent à Stalingrad en tant que reporter de guerre dans son livre Vie et Destin (1980): « Ce qui se jouait, c'était le sort des Kalmouks, des Tatars de Crimée, des Tchétchènes et des Balkares exilés, sur ordre de Staline, en Sibérie et au Kazakhstan, ayant perdu le droit de se souvenir de leur histoire, d'enseigner à leurs enfants dans leur langue maternelle. Ce qui se jouait […] c'était le sort des Juifs, que l'Armée rouge avait sauvés, et sur la tête desquels Staline s'apprêtait à abattre le glaive qu'il avait repris des mains de Hitler, commémorant ainsi le dixième anniversaire de la victoire du peuple à Stalingrad. ». La victoire de Stalingrad ne fut pas la défaite définitive du totalitarisme: elle fut au mieux le début de la victoire du peuple russe contre le nazisme que symbolise dans la mémoire de nombreux Russes la photo ci-contre d'Emmanuel Evzerikhin.

On pourra écouter en complément l'interview de l'historien Anthony Beevor (auteur d'un livre intitulé Stalingrad (1998) et grand spécialiste de Vassili Grossman) réalisée par Daniel Mermet pour France Inter en 2003 et rediffusée à l'occasion du soixante-dixième anniversaire de la victoire de Stalingrad:

La féodalité est un mode d'organisation de la société apparu au Xème siècle fondé sur l'importance des relations interpersonnelles en l'absence d'Etat au sens moderne du terme. Le modèle de cette organisation est la relation de fidélité interpersonnelle entre vassal et suzerain qui s'établit au sein de la noblesse d'épée des chevaliers. Ce modèle sert de référence à toutes les autres relations sociales et imprègnent même le fonctionnement de la seigneurie héritée des périodes antérieures (apparition de la seigneurie politique).

Il s'agit donc d'un phénomène social global. Pour l'historien Marc Bloch, le legs de l'époque féodale aux périodes ultérieures est une question problématique. En liant étroitement la noblesse à l'activité guerrière, la féodalité est à l'origine du sentiment pernicieux de supériorité morale des "gens de guerre" par rapport au reste de la société. Cependant, en donnant au vassal le droit de se révolter contre un mauvais maître, elle est aussi à l'origine d'un esprit de résistance dont notre époque peut encore se réclamer comme le soulignait déjà Marc Bloch dans un ouvrage paru en 1939, un an avant de rejoindre les rangs de la Résistance française.

Si la féodalité a disparu en Europe à partir du XIIIème siècle, ce phénomène suit sur les autres continents une chronologie décalée. D'autre part, des survivances de l'époque féodale perdurent en Europe occidentale durant toute l'époque moderne jusqu'à la Révolution française comme le modèle idéologique de la division de la société en trois ordres qui assure la domination de la noblesse et du clergé en accord avec le roi.

En guise d'illustration de notre propos, nous proposons la vidéo ci-dessous issue de la revue TDC.

En complément, on pourra consulter ce dossier de Francetveducation.

Depuis les travaux de l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau (2004), les historiens privilégient une approche globale de l'histoire de l'esclavage. Il existe sur internet de multiples ressources sur ce thème dont nous proposons ici une liste non exhaustive:

* traites européennes:

- Exposition virtuelle Francetveducation sur l'esclavage

- Dossier CRDP sur l'Histoire et la Mémoire de l'esclavage

* traites non européennes:
- Les esclaves oubliés Documentaire d'Antoine Vitkine (2008) sur la traite négrière arabomusulmane ainsi que le dossier associé.

- La recension par Pétré-Gernouillot du livre de Robert C. Davies intitulé Esclaves blancs, maîtres musulmans.

- Le documentaire tiré du même livre diffusé sur la chaîne histoire.

 

* Le travail forcé et esclavage moderne:

- Afrique 50 de René Vautier (1950)

L'émigration de la main-d'oeuvre philippine : un marché organisé par l'État (2004)

* L'abolition:

- Toussaint Louverture, un héros ambigu

- L'esclavage, une histoire des droits de l'homme (2004)

- L'ONU face à la question de l'esclavage moderne

- La France et la commémoration de l'esclavage

 

Cette peinture à l'huile sur toile réalisée en 1819 est le tableau le plus célèbre du peintre Théodore Géricault que l'écrivain français Louis Aragon dépeignit comme un véritable James Dean du XIXème siècle dans son roman La Semaine Sainte (1958). De fait, sa vie fut brève et intense. Il mourut à 32 ans des suites d'un accident de cheval. Au-delà du génie de ses toiles, Géricault avait toutes les qualités pour devenir un mythe. Jeune homme romantique et fougueux, amoureux de la vitesse et d'une beauté ténébreuse, Géricault avait tout du héros romanesque que dépeignait au même moment Stendhal dans ses romans. A ce tableau général, il faut ajouter le fait que Géricault laissa bien peu d'archives personnelles derrière lui, ce qui l'enveloppa d'une aura de mystère et stimula l'imagination de tous ceux qui voulurent le récupérer.

C'est au Radeau de La Méduse que s'intéressèrent en priorité les critiques et les historiens tant du vivant du peintre qu'après sa mort. Ce dernier ne crut jamais bon de leur répondre officiellement et nous ne connaissons son avis qu'en nous appuyant sur la reproduction d'une lettre à son ancien condisciple Musigny où le peintre réfute toutes les interprétations politiques simplistes de son oeuvre sur un ton qui semble ouvrir la voie à la théorie de l'art pour l'art. Rien donc qui n'ait pu empêcher ses contemporains de projeter leurs fantasmes sur sa toile.

Dans la lignée de ce que prétendit le critique d'art Augustin Jal peu après le salon de 1819, l'écrivain Jules Michelet vit en ce tableau un manifeste hostile à la Restauration. Il écrivit en 1848 à son sujet: « C’est la France elle-même, c’est notre société tout entière qu’il embarqua sur ce radeau de la Méduse... ». Les journaux conservateurs et royalistes de leur côté reprochèrent à Géricault la peinture de corps en putréfaction pour laquelle le peintre avait minutieusement étudié les corps agonisants de l'hôpital Beaujon. Force est de constater que l'opposition du peintre à ces journaux est non seulement politique mais aussi esthétique.

Ce n'est qu'avec le recul que les critiques d'art s'intéressent à un autre élément de ce tableau: l'esclave noir agitant le drapeau de la détresse en direction de l'horizon. C'est du moins ce que déclare le critique d'art Bruno Chenique à l'occasion d'une exposition organisée au Marq de Clermont en 2012: « A l’époque, aucun critique n’a relevé que le héros du tableau était un Noir, une audace inimaginable dans le contexte ultra-raciste de l’époque. Mais, en regardant bien, il est métis, ce qui est encore plus osé. Car le métissage, c’est la ruine de l’esclavagisme. Géricault laisse un message : le métissage est l’avenir du monde.». De fait, le peintre Géricault a réalisé en 1823 une étude sur le sujet de la traite des noirs peu connue du grand public.

Ce type de problématique rencontre aujourd'hui un intérêt plus important du grand public grâce à l'adoption d'une journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition depuis la loi taubira de 2001.

En complément, on regardera avec profit les deux vidéos ci-dessous ainsi que ces deux articles:

- Dossier des archives d'outremer sur les naufragés de La Méduse.

- Amet Crékiba, un Maure au grand coeur.

On pourra compléter sa réflexion sur l'esclavage grâce à l'article suivant.

Karl Marx définissait le fétichisme de la marchandise comme la substitution de la valeur d'échange à la valeur travail. Le prix d'une marchandise n'est plus déterminée par la quantité de travail nécessaire à sa réalisation mais par sa seule valeur d'échange elle-même socialement construite. On peut considérer que les produits Apple sont particulièrement représentatifs de ce phénomène.

L'extrait ci-dessous de la chaîne d'information en continue i-télé est un excellent exemple de ce type de fétichisme. On remarquera en effet que le journaliste qui présente la success story d'Apple au lendemain de la mort de son dirigeant historique Steve Jobs (6 octobre 2011) parvient à parler du modèle économique qui permet la production de l'Iphone sans en mentionner les conséquences sociales et sans s'attarder sur la division internationale du travail. Tout est vu à travers le prisme de la valeur marchande du bien.

 

 

 

 

 

En cliquant sur la carte ci-dessous, vous accédez à un "document cliquable" qui vous permet d'obtenir des renseignements sur 9 des 20 plus importants camps du système concentrationnaire nazi (Sachsenhausen, Ravensbrück, Auschwitz, Treblinka, Belzec, Chelmno, Theresienstadt, Buchenwald et le Struthof). Ce système fut à l'origine de 3,8 millions de morts dont 250000 Tziganes et 3 millions de Juifs auxquels s'ajoutent 1,3 millions de Juifs fusillés par les Einsatzgruppen et 800 000 morts des suites de la "ghettoïsation":

Chacun de ces camps a été choisi en fonction de sa spécificité dans l'organisation du système nazi de répression-persécution. A vous de trouver lequel d'entre eux a été:

le lieu d'une grande révolte en 1943, le lieu de formation des SS "tête de mort", un élément du discours de propagande nazi, un camp d'exploitation jusqu'à la mort, le lieu où furent installées les premières chambres à gaz, un camp de concentration appartenant à l'actuel territoire français, un camp presque exclusivement réservé aux femmes, le premier camp d'extermination des juifs par le gaz, le plus meutrier des camps de la Seconde guerre mondiale

Quelle est la différence entre l'internement de répression et l'internement de persécution?

La vidéo ci-dessous est extraite du film Home (2009) de Yann Arthus Bertrand. Elle fait du Nigeria, ancienne colonie britannique, le symbole du mal-développement contemporain associant richesse en ressources, pauvreté des citoyens et absence de protection de l'environnement. Elle illustre parfaitement le "malheur de naître trop riche" pour certains pays du Sud économique dénoncé par le journaliste urugayen Eduardo Galeano dans Les veines ouvertes de l'Amérique latine (1971). On notera que le Nigéria ne fait pourtant pas partie des PMA.

Sur le plan religieux, la charia est appliquée depuis 1999 dans 12 Etats fédérés du Nord du pays et le mal-développement rend la population nigériane vulnérable aux idéologies de type fondamentaliste et obscurantiste comme celle diffusée par la secte islamiste terroriste Boko Haram. Cette situation est d'autant plus problématique que la société nigériane est non seulement pluriethnique mais aussi multiconfessionnelle.

En complément, vous pouvez télécharger le document cartographique ci-dessous et lire cet article d'Alhadji Bouba Nouhou ainsi que ce dossier proposé par le site de Radio Canada.

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