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La fin du XIXème siècle en France est un moment très important en ce qui concerne la naissance du paysage politique moderne. Le socialisme s'impose progressivement en réponse à la question sociale apparue avec l'industrialisation. Dès la fin du XIXème siècle, il se présente sous la forme révolutionnaire ou réformiste. Cette distinction essentielle se prolonge au XXème siècle et au XXIème siècle au-delà de la révolution d'octobre qui est à l'origine de la naissance du régime soviétique. Ce court extrait d'un cours de l'historien Emile Tersen tenu en Sorbonne en 1965 vous permet de vous faire une idée de la complexité du mouvement socialiste à la fin du XIXème siècle.

Histoire et Géographie au  pays de Voltaire :: PDF File

L'histoire des relations tumultueuses qu'entretient l'Irak avec les Etats-Unis et la Communauté internationale de 1990 à 2003 plonge ses racines dans le conflit Iran-Irak de 1980 à 1988. A la suite de ce conflit pour lequel l'Irak a reçu le soutien du monde occidental et de l'URSS, les deux belligérants sont complètement ruinés. Au très lourd bilan humain du conflit (500 000 à 1 200 000 victimes) s'ajoutent en effet d'importantes dettes notamment pour l'Irak (70 milliard de dollars de dette extérieure en 1990). Or, 15 milliards de cette dette totale sont dus au Koweit voisin dont l'Irak conteste l'indépendance depuis que cette dernière a été reconnue par les Britanniques en 1961. A cela, s'ajoutent d'importants contentieux pétroliers. Le pétrole est une ressource essentielle pour l'Irak et son exportation est à l'origine de 60 % de son PIB. Cela explique le mécontentement du président irakien Saddam Hussein à l'égard de l'émir du Koweit Jaber al-Sabah qu'il accuse de pomper une trop grande quantité du gisement transfrontalier de Roumaylah et de ne pas respecter les quotas de l'OPEP concernant la production pétrolière. Pour Saddam Husseim, l'émir du Koweit maintient ainsi le pétrole à un prix trop bas pour que l'Irak puisse rembourser sa dette. C'est la raison principale invoquée par le gouvernement irakien pour justifier l'invasion et l'annexion du territoire koweitien le 2 août 1990. L'importance du pétrole dans les tensions entre les deux pays est assez bien illustrée par l'extrait du journal télévisé d'Antenne 2 du 27 juillet 1990 en lien ci-dessous.

L'invasion du Koweit et son annexion sont à l'origine d'importantes tensions entre l'Irak et la Communauté internationale que domine alors la superpuissance américaine. Ces tensions mènent à l'intervention d'une coalition multinationale sur le sol irakien. C'est ce que les médias occidentaux ont appelé la "Guerre du Golfe". Dès le 2 août, le Conseil de Sécurité de l'ONU condamne l'invasion du Koweit par la résolution 660. Puis, par la résolution 678 du 29 novembre 1990, le Conseil de sécurité de l'ONU adresse un ultimatum à l'Irak pour qu'elle évacue le territoire koweitien avant le 15 janvier de l'année suivante. Suite à l'absence de réaction positive de l'Irak à cette résolution, l'offensive "Tempête du désert" est lancée le 16 janvier 1991 (voir carte tirée du Monde diplomatique). Elle est précédée d'une offensive aérienne qui doit permettre l'intervention à partir du 23 février d'une coalition d'un million d'hommes dirigée par les Etats-Unis de George Bush senior et à laquelle participent la France et certains pays arabes (Syrie, Arabie saoudite qui joue le rôle de base arrière pour les forces de la coalition). La guerre prend fin le 3 mars 1991 avec l'accord de cessez-le-feu de Safwan. L'Irak accepte alors de mettre en oeuvre l'ensemble des résolutions de l'ONU prises depuis l'invasion du Koweit et le régime de Saddam Hussein reste ainsi en place à la tête de l'Irak malgré la victoire alliée. Le bilan de la guerre est très lourd pour l'Irak sur le plan matériel et sur le plan humain. On estime le bilan humain à 100 000 morts militaires et 100 000 morts civils. Les morts civiles sont dues à l'impossibilité de mener une "guerre propre" avec des moyens industriels malgré l'insistance des médias occidentaux sur l'utilisation des fameux precision-guided missiles. Mais les insurrections shiites et kurdes du printemps 1991 ont aussi joué un rôle important dans ce bilan catastrophique. Autre conséquence importante de cette guerre: les relations entre l'Irak et certains de ses voisins sont durablement déstabilisées suite aux tirs de missiles Scud en direction d'Israël et de l'Arabie saoudite.

Les motivations de la Communauté internationale dans ce conflit ne doivent pas masquer les motivations égoïstes de certains Etats qui ont pris part à cette guerre contre l'Irak. Cependant, l'imbrication étroite de motivations multiples rend leur description difficile notamment en ce qui concerne la superpuissance américaine. Il est certain que les occidentaux et plus particulièrement les américains redoutaient au moment de l'invasion du Koweit par l'Irak un choc pétrolier qui aurait abouti à une augmentation du prix du pétrole dont ils connaissaient les conséquences possibles depuis 1973. Comme le note l'éditorial de l'hebdomadaire de référence des milieux pétroliers, Petroleum Argus, le 4 février 1991: "The war in the Gulf is about oil" (La guerre du Golfe concerne le pétrole). D'autre part, le rôle de la diplomatie américaine dans le déclenchement du conflit a été à plusieurs reprise critiqué et parfois même présenté comme une sorte de piège car l'ambassadrice américaine aurait laissé entendre à Saddam Hussein  en juillet 1990 que son pays n'interviendrait pas en cas cas d'invasion du Koweit. Enfin, de nombreuses voix s'étaient levées contre une utilisation trop partisane des médias  occidentaux et plus particulièrement américains à la suite des fausses nouvelles sur les sévices infligés par les soldats irakiens aux nouveaux-nés dans les hôpitaux koweitiens. La découverte de motifs moins louables que la simple défense de la souveraineté du Koweit au nom des principes de l'ONU a provoqué une véritable critique de l'intervention alliée. Le 29 janvier 1991, le ministre français Jean-Pierre Chevènement prend la décision de démissionner par opposition à l'implication de la France dans la guerre du Golfe. Cependant, cette première intervention américaine en Irak parvient à obtenir le soutien de nombreux pays et l'accord de la Communauté internationale. C'est une source importante de légitimité.

Après la guerre du Golfe, les relations entre l'Irak et la Communauté internationale ne s'améliorent que très relativement. L'Irak est perçue comme un Etat dangereux capable de lancer des missiles sur ses proches voisins et plus particulièrement sur Israël. Pour cette raison, le Conseil de sécurité des Nations unies crée le 3 avril 1991, par la résolution 687, l'Unscom qui est une commission chargée de superviser le démantèlement des armes de destruction massive présentes sur le territoire irakien en coopération avec l'AIEA (Agence internationale à l'Energie atomique). Le rapport de cette commission en 1998 ne donne pas entièrement satisfaction aux Etats-Unis de Bill Clinton et à la Grande-Bretagne de Tony Blair qui décident de mettre en oeuvre l'opération "Renard du désert". En quatre jours de raid plus de missiles sont lancés en direction de l'Irak que pendant les 5 semaines de la guerre du Golfe (415 contre 291). Au sein même du camp occidental, certaines voix discordantes se font entendre qui critiquent le recours à une solution violente qui ne résout rien et aggrave encore le sort de la population irakienne. C'est notamment le cas en France comme le sous-entend cet article de Libération du 18 décembre 1998. C'est le début d'un divorce entre les intérêts privés américains et la légitimité internationale. Il faut souligner que le peuple irakien souffre alors d'un embargo international à peine adouci par le programme humanitaire des nations unies "Pétrole contre nourriture" issu de la Résolution 1051 de mars 1996 et dont on sait aujourd'hui qu'il a été à l'origine d'une importante corruption en Irak et à l'ONU. Mais la question de la situation des civils irakiens ne se réduit pas à la souffrance d'un peuple uniforme manquant des ressources nécessaires à sa survie. Les minorités kurdes et shiites sont l'objet de persécutions condamnées par l'ONU qui tente d'intervenir au nom du droit d'ingérence cher aux ONG depuis les années 1980. C'est ce que montre la résolution 688 du 5 avril 1991.

A partir de l'attentat du 11 septembre 2001, les relations entre l'Irak et les Etats-Unis de George W. Bush se durcissent considérablement. C'est la conséquence de ce que les historiens appellent la doctrine Bush pour laquelle le Moyen-Orient est le creuset du fondamentalisme, du terrorisme et de la dictature et doit être remodeler par la force. Cette doctrine issue du courant idéologique néo-conservateur s'exprime dans le discours du président G. W Bush devant le Congrès américain: « Tant que cette région sera en proie à la tyrannie, au désespoir et à la colère, elle engendrera des hommes et des mouvements qui menacent la sécurité des Américains et de leurs alliés. Nous soutenons les progrès démocratiques pour une raison purement pratique : les démocraties ne soutiennent pas les terroristes et ne menacent pas le monde avec des armes de destruction massive ». Cette doctrine fut critiquée par les Etats qui considéraient que la liberté ne pouvait s'exporter dans cette région par la force des armes C'est notamment le cas de la France qui s'opposa à l'intervention américaine en Irak en 2003 par l'intermédiaire de son ministre des  affaires étrangères Dominique de Villepin (voir deuxième vidéo ci-dessous). Cette intervention américaine prenait pour prétexte la présence d'hypothétiques armes de destruction massive en Irak non sans tenter une manipulation médiatique dans ce domaine. Le gouvernement américain n'obtint pas le consentement du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour cette opération. En retour, les néo-conservateurs américains critiquèrent le côté prétendument intéressé de la démarche française.

En conclusion, l'histoire de l'Irak dans les relations internationales pendant les années 1990 illustre parfaitement les grands enjeux de la période. Elle montre le rôle du pétrole comme enjeux économique et stratégique à l'échelle régionale ou à l'échelle mondiale, pour les pays du Sud comme pour les pays du Nord et plus particulièrement les Etats-Unis. Elle exprime le poids croissant mais relatif pris par l'ONU comme source de légitimité dans les relations internationales. Le principe de souveraineté des Etats membres reste central pour l'ONU malgré la monté en puissance du principe d'ingérence. Enfin, elle invite à s'interroger sur l'imbrication complexe et parfois contradictoire entre droit international et intérêt égoïste des nations qui existe souvent dans les relations internationales pour les années 1990.

Le rôle de la superpuissance américaine en Irak est en ce sens révélateur des interrogations qui accompagnent le nouvel ordre mondial depuis la chute de l'Union soviétique: superpuissance égoïste ou gendarme du monde libre?

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur les frontières:

- Un mur pour enfermer les Palestiniens, Gadi Aglazi, Le Monde diplomatique, Juillet 2003.

- Mexique/Etats-Unis: frontière, immigration et inégalités sociales..., article du géographe Fabien Guillot sur son site géographie-sociale.org.

- Une définition de la notion de frontière, article du géographe Fabien Guillot sur son site géographie-sociale.org.

Sur l'Argent:

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Le Parc des Virunga, le plus ancien d'Afrique et classé au patrimoine mondial de l'Unesco, sert de terrain de chasse aux braconneurs. Les éléphants en sont les premières victimes. Un reportage d'Adia Tshipuku.

Source: Ina.fr, avril 2010.

Jusqu'au plan de partage du 29 novembre 1947, la Palestine est un ancien mandat de la SDN sous administration britannique. La partition proposée en novembre 1947 est le produit de la résolution 181 votée par l'Assemblée générale des Nations Unies. Elle aboutit à une carte établie en fonction du peuplement et de l'état de la propriété foncière dans les différentes régions. L'intransigeance du camp arabe et du camp sioniste débouche sur un refus de ce partage qui dégénère en conflit armé entre le jeune Etat d'Israël et ses voisins à partir du 14 mai 1948. Cette date correspond à la fin du mandat britannique et à la Déclaration d'indépendance de l'Etat d'Israël. Certains intellectuels reprochent à Ben Gourion alors Premier ministre d'Israël de ne pas avoir fixé de frontières rigoureusement définies au jeune Etat dans cette Déclaration. De fait, les frontières en Palestine ne font alors pas consensus. La guerre entre les Israéliens et les Etats arabes voisins qui dure jusqu'à l'été 1949 les redéfinit au profit de l'Etat hébreux et provoque l'expulsion de 350000 palestiniens en direction des pays frontaliers (Liban, Jordanie...). C'est le début du problème des réfugiés palestiniens qui déstabilise durablement le Proche Orient. Cette première guerre que les Israéliens qualifient de Guerre d'indépendance et les Palestiniens de Catastrophe (al-Nakbah) ne s'insère pas encore de façon évidente dans la logique de "Guerre froide". Le jeune Etat hébreux reçoit alors du soutien de l'URSS et des Etats-Unis. Ce n'est qu'avec la Crise du canal de Suez que le conflit israélo-palestinien voit deux camps distincts s'affirmer. Il est alors avant tout un conflit israélo-arabe. Britanniques, Français et Israéliens s'opposent militairement à la nationalisation du Canal de Suez par Nasser en 1956 alors que ce dernier est soutenu par l'Union soviétique qui menace d'une riposte nucléaire si l'armée israélienne, qui a envahi une partie du territoire egyptien, ne se retire pas dans ses frontières de 1949. Les Etats-Unis interviennent pour calmer le jeu tout en soutenant l'Etat israélien au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes (aucun Etat arabe ne reconnaît alors Israël). On peut considérer que le conflit israélo-palestinien est alors un conflit périphérique de la Guerre froide malgré l'importance des intérêts locaux et régionaux en jeu. La Guerre des six jours en 1967 et la Guerre du Kippour en 1973 entérinent cette logique dans laquelle l'Union soviétique soutient les Etats arabes et les Etats-Unis Israël. Ces deux guerres sont favorables à l'Etat hébreux dont les frontières débordent progressivement celles de 1949. L'ONU s'oppose à cette évolution à partir de 1967 par le biais de la résolution 242 qui demande un retrait des forces israéliennes des "territoires occupés" ("to withdraw from occupied territories"). Ce retrait se produit de façon très progressive et incomplète selon des modalités qui continuent à faire polémique. La Cisjordanie et le plateau du Golan sont encore aujourd'hui occupés et le statut de la bande de Gaza discuté depuis 2005. La colonisation israélienne en Cisjordanie est à l'origine d'un mitage qui crée un territoire palestinien en archipel à l'origine de nombreuses difficultés pour les Palestiniens.

A partir des années 1980, le conflit israélo-palestinien s'autonomise et devient symbolique de la déstabilisation et de la redéfinition des relations internationales. La première Intifada, appelée aussi "guerre des pierres", devient le symbole d'une guerre déséquilibrée entre un Etat hébreux surarmé appartenant aux pays du Nord économique et une population palestinienne qui revendique la création d'un Etat palestinien autonome avec le soutien de l'Organisation de Libération de la Palestine reconnue par l'ONU en 1974 et dirigée par le nationaliste arabe laïc au légendaire kéfier Yasser Arafat. Le conflit devient révélateur du clivage Nord-Sud mis en lumière par le rapport de la commission Brandt sur les inégalités de développement (1981). Les accords d'Oslo  (1993) prévoient de régler les tensions entre Israël et la Palestine en mettant en oeuvre une politique de coopération économique plus particulièrement dans le secteur de l'eau mais cette volonté est remise en cause par le renforcement d'une stratégie sécuritaire à la fin des années 1990 qui aboutit à la construction d'un mur à partir de 2002 condamné comme illégal par l'ONU. C'est aussi dans les années 1980 que s'affirme le fondamentalisme musulman. Le Hamas ou "Mouvement de résistance islamique" est créé en 1987 par Sheikh Yassine issu des Frères musulmans. Il prône la destruction de l'Etat d'Israël et l'instauration d'un Etat islamique en Palestine. Le clivage Nord-Sud se double donc en Palestine d'un conflit de religion voire de civilisation. C'est la raison pour laquelle il a été érigé en modèle par les partisans du paradigme du "choc des civilisations" qui s'impose à partir des années 1970 dans une partie du monde occidental (diplomatie américaine des présidents Bush) mais aussi dans le monde arabo-musulman (cf. Al-Qaida). Ce paradigme ne doit pourtant pas faire oublier l'importance du clivage Nord-Sud dans l'explication du conflit israélo-palestinien.

Ce conflit est à l'origine d'une déstabilisation du Proche Orient et des relations entre les pays appartenant au monde arabo-musulman et Israël qui compte de nombreux alliés au sein du monde occidental. Au nom de leurs valeurs communes, l'ONU et la République française tentent de promouvoir une solution conciliée conforme à la Déclaration universelle des droits de l'homme. Cela nécessite la remise en cause de la logique militaire de conquête (problème des colonies israéliennes en territoire palestinien) et de ses conséquences catastrophique (massacre de Sabra et Chatila (1982) ou Guerre de Gaza (2008)) mais aussi l'organisation d'une politique de développement efficace dans les territoires occupés permettant de faire reculer le fondamentalisme. Cela nécessite que les pacifistes des deux camps cessent d'être assassinés par les extrémistes de leur propre bord comme ce fut le cas pour Anouar el-Sadat en 1981 et Yitzhak Rabin en 1995.

N.-B.: Le conflit israélo-palestinien n'est qu'un des exemples de l'affirmation du clivage Nord-Sud dans les années 1980. Il revêt pour l'Europe une importance particulière car il s'inscrit en profondeur dans l'histoire des juifs européens et concerne l'interface méditerranéenne qui est la principale zone de contact entre l'Europe et les pays du Sud économique. Cependant, comme le souligne l'historien libanais Georges Corm, les Européens doivent sur ce sujet prendre garde à ne pas être "narcissiques jusque dans le remord".

En complément, on regardera avec profit cette conférence donnée par le spécialiste du Proche-Orient Henry Laurens dans le cadre de l'Université de Genève. Il y explique les différentes étapes de la transformation du conflit israélo-arabe en un conflit israélo-palestinien parallèlement à l'effacement de la logique de guerre froide.

 

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En décembre 1983, Gro Harlem Brundtland, alors Premier ministre norvégienne, est chargée par le Secrétaire général des Nations Unies de présider la Commission mondiale sur l'environnement et le développement afin de rédiger un rapport qui exprime les conclusions de son travail sur ces thèmes. Ce rapport est publié en 1987 sous le titre Notre Avenir à Tous. Il exprime pour la première fois l'idée de développement durable (sustainable development) qui est définie de la manière suivante par le Chapitre 2 du rapport:

"Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion :

  • le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et

 

  • l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir."

 

La première partie de ce rapport insiste sur la nécessaire convergence de trois piliers dans le cadre du développement durable: croissance économique, cohésion sociale et préservation de l'environnement naturel. Cette conception s'oppose aux conclusions du rapport Meadows publié par le Club de Rome en 1972 pour lequel seule une limitation de la croissance démographique et de la production industrielle pouvait éviter une catastrophe écologique. L'idée même de développement durable implique une compatibilité entre développement et protection de l'environnement.

Le développement durable est perçu comme une question qui s'inscrit dans une mondialisation inégalitaire et qui touche aussi bien les modes de consommation que les modes de production. C'est ce qu'exprime le rapport Brundtland dès les premières lignes de son premier chapitre: "Nous n’avons qu’une seule et unique biosphère pour nous faire vivre. Et pourtant, chaque communauté, chaque pays poursuit son petit bonhomme de chemin, soucieux de survivre et de prospérer, sans tenir compte des éventuelles conséquences de ses actes sur autrui. D’aucuns consomment les ressources de la planète à un rythme qui entame l’héritage des générations à venir. D’autres bien plus nombreux consomment peu, trop peu, et connaissent une vie marquée par la faim et la misère noire, la maladie et la mort prématurée."

Enfin, il correspond à une critique des politiques de développement telles que les pense alors la Banque mondiale ou le FMI. La question de l'aide au développement et des inégalités Nord-Sud est au coeur de ce rapport.

La notion de développement durable définie par ce rapport a été reprise et affinée par les sommets ultérieurs (Rio, Johannesburg...). La question de la nécessité d'une éducation au développement durable s'est progressivement affirmée. De fait, le développement durable n'est pas qu'une question économique. Elle comporte aussi une importante dimension éthique et culturelle. C'est ce qu'exprime le schéma de synthèse ci-dessus issu des travaux du Sommet mondial de Johannesburg de 2002.

Comme le remarque l'historienne Michèle Riot-Sarcey, "Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir parait en 1949, dans ce mouvement d'après guerre où sujet et liberté tentaient de se frayer un chemin à travers la nécessaire libération collective préconisée par les partis dits marxistes ou assimilés". C'est en effet l'époque de l'existentialisme de J.-P. Sartre pour lequel "l'existence précède l'essence".  Dans ce livre, le déterminisme naturel qui transforme la vie des femmes en prison est remis en cause dans tous les domaines (histoire, éducation, famille, travail). D'après la célèbre formule de l'auteur, "on ne nait pas femme: on le devient. (...) Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine". La sexualité féminine est présentée dans sa dimension libératrice. Le Deuxième sexe est en effet à la fois un hymne à la liberté mais aussi une invitation à l'esprit critique à l'égard des mentalités sexistes et de leur histoire. Le succès du livre est très important dès sa sortie. 22000 exemplaires sont vendus pendant la première semaine. Le livre fait un véritable scandale dans une société encore très conservatrice. L'écrivain François Mauriac déclare à son sujet dans le Figaro du 30 mai 1949: "La littérature de Saint-Germain-des-Près d'après-guerre atteint les limites de l'abject". Les critiques sont aussi bien issues du Parti communiste que de l'Eglise. Cet ouvrage est même mis à l'index en 1956, ce qui entraîne sa disparition des librairies religieuses. Pourtant, les idées de libération individuelle font leur chemin dans les générations d'après-guerre qui considère souvent le livre de S. de Beauvoir comme une bible. Elles sont à l'origine de la mobilisation des femmes des années 1960 dans de nombreux domaines. Cette mobilisation est couronnée par un certain nombre de succès. En 1965, le Code civil est modifié pour empêcher l'époux de s'opposer au libre travail de sa femme et le Parti communiste se prononce enfin pour la "libre maternité". L'usage de la contraception gagne du terrain avec le Mouvement français du planning familial jusqu'à la loi Neuwirth de 1967. La légalisation de l'avortement est alors proche.

La présence de la Russie dans la région du Nord-Caucase où se trouve la Tchétchénie remonte au XVIIème siècle mais se renforce au début du XIXème à la suite de la guerre contre la Perse et l'Empire Ottoman (1805-1829). On peut parler au sujet de cet espace d'un véritable projet colonial russe parallèle à celui que la France mène à la même époque en Algérie. L'histoire de ce territoire  est marquée pour cette raison par la violence, les tensions ethniques et le racisme (voir cet article). Les deux guerres de Tchétchénie de la fin du XXème siècle ne dérogent pas à cette règle. Certains géographes russes comme Guennadi Drach interprètent ces guerres comme la manifestation en Russie du "choc des civilisations" mis à l'honneur par l'intellectuel américain Samuel Huntington. En réalité, il semble que les tensions ethniques soient beaucoup plus complexes au sein de ce territoire et que le fondamentalisme musulman ne soit qu'un des nombreux facteurs explicatifs.

L'histoire du premier conflit remonte à la dislocation de l'ancienne Union soviétique durant l'année 1991. La Tchétchénie déclare son indépendance à l'égard de la République socialiste fédérale soviétique de Russie et se constitue en Etat autonome par rapport à l'Ingouchie voisine à partir de 1992. Le pouvoir passe alors aux mains du général soviétique Djokhar Doudaïev. Ce nouvel état de fait a pour conséquence l'expulsion des minorités non-tchétchènes par les séparatistes dans le cadre d'un conflit aux allures de guerre civile. La Russie se contente dans un premier temps de soutenir militairement les opposants au général Doudaïev. Mais la Tchétchénie conserve son indépendance dans les faits de 1991 à 1994. C'est à cette date que le président russe Boris Eltsine décide de lancer une offensive militaire dans le Caucase (C'est la plus grande opération militaire russe depuis la guerre d'Afghanistan entre 1979 et 1989). En août 1996, les forces rebelles tchétchènes sont encerclées dans la capitale Grozny par plusieurs milliers de soldats russes. Un accord de paix est négocié dans le même temps à Khasaviourt au Daghestan entre le général russe Liebed et le premier ministre et futur président tchétchène Aslan Maskhadov. D'après cet accord, les troupes russes évacuent le territoire et la discussion sur le statut de ce qui est alors appelé la République islamique d'Itchkérie est repoussée à 2001. Des tensions existent cependant au sein de la société tchétchène entre le gouvernement et des mouvements islamistes plus radicaux emmenés par le leader Chamil Bassaiev.

En 1999, ce sont des attentats attribués à ces radicaux ainsi que leurs incursions dans le Daghestan voisin (Etat stratégique pour le contrôle du pétrole en provenance d'Azebaïdjan comme le montre la carte ci-contre) qui provoquent la seconde guerre de Tchétchénie. Le premier ministre russe de l'époque Vladimir Poutine envoie les troupes russes en Tchétchénie dans le but officiel de rétablir la sécurité. Les conflits furent plus difficiles dans les plaines du Nord du Terek que dans les montagnes au Sud. Après des bombardements intensifs, la capitale Grozny tombe à la suite d'un siège de décembre 1999 à février 2000. C'est alors la fin des batailles rangées mais le conflit se poursuit sous la forme d'une "sale guerre" (Anna Politovskaïa). Les principales attaques terroristes perpétrées à l'extérieur de la Tchétchénie, comme la prise d'otages de Beslan (Ossétie du Nord), en septembre 2004, le raid d'octobre 2005 sur la ville de Naltchik et les attentats de Moscou ont été les signes les plus visibles d'un conflit ininterrompu.

Les guerres de Tchétchénie ont donné des arguments forts aux partisans d'une démocratie limitée et d'un Etat autoritaire centralisé en Russie et leurs conséquences restent importantes aujourd'hui dans le paysage politique russe.

Comprendre l'histoire du géant Google depuis sa fondation en 1998, c'est aussi, comme le souligne Jean-Noël Jeanneney, se confronter au défi que cette entreprise américaine surpuissante lance à l'Europe. Cette société, dont le siège social est installé à Moutain View en Californie, est aujourd'hui une des 100 premières firmes mondiales en termes de chiffre d'affaires (autour de 24 milliards de dollars en 2009). Elle possède le parc de serveurs le plus important du monde (près d'un million répartis sur 32 sites en 2010). Pour la même année, le moteur de recherche compte plus de 1000 milliards de pages indexées et totalise 6,4 % du trafic internet. Google diffuse et archive des messages dont les plus anciens remontent à 1981. Comme le souligne sa propre page de présentation, "Google a pour mission d'organiser les informations à l'échelle mondiale dans le but de les rendre accessibles et utiles à tous.".

Cette ambition démesurée de la part d'une entreprise privée qui joue sur son image de symbole de l'open source (service gratuit) a suscité bien des intérêts mais aussi des inquiétudes de la part des opinions publiques à l'échelle mondiale. Les avantages d'un tel outil ne sont plus à démontrer. Cependant, il est certain que sa situation de quasi-monopole peut justifier certaines craintes. Comment proposer une réponse européenne adéquate à ce défi numérique venu des Etats-Unis?

Jean-Noël Jeanneney souligne fort à propos qu'une confiance aveugle en Google équivaut à un recours systématique et critiquable aux forces du marché en courant le risque de négliger les intérêts de l'Etat et de la Nation. Il est intéressant de souligner que l'application stricte d'une telle philosophie n'aurait pas permis la naissance du célèbre moteur de recherche. Il n'a en effet pu être développé par les étudiants de Stanford Sergey Brin et Larry qu'à l'aide de fonds fédéraux versés notamment par la National Science Foundation. Dans la même perspective, il est assez piquant de remarquer, quand on connait le rôle que joue la publicité dans les recettes de Google, que les deux étudiants sont aussi les auteurs d'un retentissant article concernant les effets pervers du seul financement privé sur le fonctionnement d'un moteur de recherche.

Pourtant, c'est bien la seule logique de marché plus agressive que ne veut le faire croire le slogan de l'entreprise ("Don't be evil!") qui explique que Google ait pu bafouer à plusieurs reprise les droits d'auteur dans le cadre du juteux projet Google Books. Le 18 décembre 2009, Google a été condamné à payer 300 000 € de dommages et intérêts aux éditions du Seuil, Delachaux et Niestlé et Harry N. Abrams, ainsi qu'un euro à titre de préjudice au Syndicat national de l'édition (SNE) et à la Société des gens de lettres (SGDL) pour avoir reproduit intégralement certains ouvrages et rendu accessibles des extraits de certains autres sans l'autorisation des ayants-droit. Le tribunal de grande instance de Paris a également interdit à Google de poursuivre la numérisation d'ouvrages sans l'autorisation des éditeurs .

A partir de 2006, le géant Google s'est encore agrandi en rachetant Youtube. Cette prise de contrôle implique l'entreprise américaine dans d'autres problèmes qui ne se réduisent pas au respect des droits d'auteur. Une représentation naïve de ce média rapproche souvent son interdiction de l'hostilité des pays concernés (Iran, Chine, Turquie) à la philosophie des droits de l'homme et à la liberté d'expression telle qu'elle est pratiquée aux Etats-Unis. En réalité, la situation est beaucoup moins claire. Rappelons que Youtube a été condamné par le tribunal de la ville de Komsomolsk-sur-amour en juillet 2010 pour avoir diffusé des contenus racistes en direction des internautes russes. Google n'est pas exempt de tout reproche non plus dans ce domaine. Le scandale du traitement des informations relatives aux événements de la place Tienanmen par la version Google.cn en accord avec les autorité chinoises en 2006 le montre assez. De son côté, la justice française a indiqué par un jugement de septembre 2010 que les associations proposées par le moteur de recherche pouvait être considérées comme diffamatoires dans certains cas.

Enfin, la stratégie territoriale d'"optimisation fiscale" de Google en contexte de crise économique est très critiquée. En 2009, Google est parvenu à abaisser son taux d'imposition à 2,4% sur ses activités hors États-Unis, grâce à sa filiale irlandaise par laquelle transitent 88% de ses activités internationales d'après des informations rapportés par Bloomberg.

Cette brève histoire du moteur de recherche nous montre à quel point son image de géant économique luttant pour la démocratie doit être relativisée. Elle pose sans doute le problème de la création d'un moteur de recherche européen contrôlable démocratiquement en fonction de normes européenne tant sur le plan politique que sur le plan juridique. C'est à ce problème que devrait réponde le projet Quaero en 2013.

 

Source:

- Jean-Noël Jeanneney, Quand Google défie l'Europe, 2010, Mille et une nuits.

- Article wikipedia sur Google

Il n'existe pas d'annuaire officiel exhaustif de la presse en ligne. Cela tient à plusieurs raisons. Pour commencer, il n'y a pas de système de dépôt légal pour la presse en ligne comme c'est le cas pour les journaux traditionnels. Certains périodiques ne paraissent qu'en version numérique ou presque (voir par exemple le site Acrimed de critique des médias). Ce phénomènes est accentué par la possibilité d'accéder aux journaux étrangers par le web. Ces derniers ne relèvent pas de la juridiction française. On peut d'autre part noter qu'il est souvent difficile d'établir une différence stricte entre un site de presse en ligne et un blog ou une série de blogs. C'est ainsi que le site du Monde ou celui du Monde diplomatique hébergent des blogs dont le rapport avec le journal de référence est difficile à définir. Il résulte de ces considérations que tous les annuaires de la presse en ligne comme Toute la presse en ligne ne peuvent être que des sélections de journaux plus ou moins orientées. Il existe malgré tout une tentative de répertorier de façon sérieuse et systématique les annuaires les plus utiles dans ce domaine de la part de la BNF dans ses signets.

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