Histoire des Femmes Hubertine Auclert: une féministe républicaine
Samedi, 11 Décembre 2010 12:35

Hubertine Auclert: une féministe républicaine

Rédigé par  JL
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Souvent présentée comme la première femme française à se déclarer "féministe", Hubertine Auclert (1848-1914) est une figure incontournable du mouvement républicain anticlérical de la lutte pour le droit des femmes à la fin du XIXème siècle. Rien dans sa vie passée ne la prédisposait pourtant à un tel engagement. Envoyée au couvent à la mort de son père, son éducation la prédestinait dans la France du Second Empire à devenir nonne. La chute de Napoléon III et sa sortie définitive de la vie religieuse en 1869 lui offrent cependant une nouvelle perspective. Elle axe son militantisme sur la lutte pour le droit de vote des femmes considérant que nombre de lois qui leur sont hostiles (dont le code Napoléon) n'auraient jamais pu être adoptées si les femmes avaient pu exprimer leur opinion. Elle fonde en 1876 la société Le droit des femmes qui devient en 1883 Le suffrage des femmes. C'est le premier mouvement suffragiste français. Afin de faire valoir sa cause, elle utilise les ressources médiatiques de l'ère industrielle. C'est ainsi que le journal La Citoyenne voit le jour en février 1881 dont elle ouvre les colonnes aux féministes les plus célèbres de son temps. Cette première tentative est un échec. Hubertine continue malgré tout ses activités militantes. En 1900, elle fait partie des fondatrices du Conseil national des Françaises qui lutte pour un suffrage réellement universel. En 1908, elle brise symboliquement une urne électorale lors des élections municipales à Paris et en 1910 elle se présente avec Marguerite Durand aux élections législatives en défiant les autorités.

Hubertine Auclerc s'engage aussi dans d'autres domaines relatifs aux droits des femmes. Elle critique le caractère timoré de la loi Alfred Naquet sur le divorce de 1884 qui n'autorise que le divorce pour faute. Elle plaide pour que les femmes puissent disposer librement de leur salaire avant qu'une loi ne reconnaisse ce droit en 1907.

Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise et son tombeau commémore "Le Suffrage des femmes".

JL

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