Histoire des Femmes Emilie du Châtelet, une grande scientifique du XVIIIème siècle.
Jeudi, 22 Avril 2010 08:56

Emilie du Châtelet, une grande scientifique du XVIIIème siècle.

Rédigé par  Monsieur Kastler
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Parmi les femmes que Voltaire eut la chance de fréquenter, il n'en est aucune qu'il aimat autant qu'Emilie du Châtelet. Voltaire fait sa connaissance en 1734. Il est très rapidement subjugué par cette jeune marquise particulièrement douée pour les mathématiques et la physique. Il vient alors d'être condamné par le Parlement pour ses fameuses Lettres philosophiques dans lesquelles il fait l'éloge du libéralisme politique anglais.
Cette jeune intellectuelle douée pour les sciences décide d'accueillir le philosophe en disgrâce dans son château de Cirey en Champagne. Voltaire y demeure dix ans pendant lesquels il se lie d'amitié et d'amour pour cette femme qu'il considère comme plus doué que lui dans les "sciences exactes". Il la pousse à traduire les Principes de Newton et à se défier de la jalousie de ses contemporaines.

L'histoire d'amour qu'Emilie connaît avec le jeune poète Saint-Lambert à partir de 1748 ne l'empêche pas de conserver toute son amitié et son admiration pour cette femme qu'il exprime avec humour dans cet Epitre à M. de Saint-Lambert :

"Tandis qu’au-dessus de la terre
/Des aquilons et du tonnerre/La belle amante de Newton
/Dans les routes de la lumière
/Conduit le char de Phaêton/Sans verser dans cette carrière/Nous attendons paisiblement
/Sur le bord de cette fontaine
/Que notre héroïne revienne
/De son voyage au firmament/Et nous assemblons pour lui plaire,
/Dans ses jardins et dans ses bois,
/Les fleurs dont Horace autrefois
/Faisait des bouquets pour Glycère.
/Saint-Lambert, ce n’est que pour toi.
Que ces belles fleurs sont écloses/C’est ta main qui cueille les roses/
Et les épines sont pour moi."

Voltaire souffre beaucoup de la mort d'Emilie du Châtelet en 1749. Il écrit à son sujet avec le ton ironique qui lui est propre: « Un grand homme qui n’avait de défaut que d’être femme, et que tout Paris regrette et honore. On ne lui a pas peut-être rendu justice pendant sa vie ». Ses talents scientifiques et sa place au côté d'Hypathie (voir la critique consacrée au film Agora) dans l'Histoire des femmes explique que la Bibliothèque nationale lui ait consacré une exposition en 2006 pour les trois-cents ans de sa naissance et que la philosophe Elisabeth Badinter ait publié un livre à son sujet (voir son interview). On écoutera avec profit l'émission que lui a consacré la radio académique francophone.

Dernière modification Samedi, 11 Décembre 2010 13:13
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