Géographie du développement Le rapport Brundtland: l'acte de naissance du développement durable.
Dimanche, 09 Janvier 2011 12:39

Le rapport Brundtland: l'acte de naissance du développement durable.

Rédigé par  JL
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En décembre 1983, Gro Harlem Brundtland, alors Premier ministre norvégienne, est chargée par le Secrétaire général des Nations Unies de présider la Commission mondiale sur l'environnement et le développement afin de rédiger un rapport qui exprime les conclusions de son travail sur ces thèmes. Ce rapport est publié en 1987 sous le titre Notre Avenir à Tous. Il exprime pour la première fois l'idée de développement durable (sustainable development) qui est définie de la manière suivante par le Chapitre 2 du rapport:

"Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion :

  • le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et

 

  • l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir."

 

La première partie de ce rapport insiste sur la nécessaire convergence de trois piliers dans le cadre du développement durable: croissance économique, cohésion sociale et préservation de l'environnement naturel. Cette conception s'oppose aux conclusions du rapport Meadows publié par le Club de Rome en 1972 pour lequel seule une limitation de la croissance démographique et de la production industrielle pouvait éviter une catastrophe écologique. L'idée même de développement durable implique une compatibilité entre développement et protection de l'environnement.

Le développement durable est perçu comme une question qui s'inscrit dans une mondialisation inégalitaire et qui touche aussi bien les modes de consommation que les modes de production. C'est ce qu'exprime le rapport Brundtland dès les premières lignes de son premier chapitre: "Nous n’avons qu’une seule et unique biosphère pour nous faire vivre. Et pourtant, chaque communauté, chaque pays poursuit son petit bonhomme de chemin, soucieux de survivre et de prospérer, sans tenir compte des éventuelles conséquences de ses actes sur autrui. D’aucuns consomment les ressources de la planète à un rythme qui entame l’héritage des générations à venir. D’autres bien plus nombreux consomment peu, trop peu, et connaissent une vie marquée par la faim et la misère noire, la maladie et la mort prématurée."

Enfin, il correspond à une critique des politiques de développement telles que les pense alors la Banque mondiale ou le FMI. La question de l'aide au développement et des inégalités Nord-Sud est au coeur de ce rapport.

La notion de développement durable définie par ce rapport a été reprise et affinée par les sommets ultérieurs (Rio, Johannesburg...). La question de la nécessité d'une éducation au développement durable s'est progressivement affirmée. De fait, le développement durable n'est pas qu'une question économique. Elle comporte aussi une importante dimension éthique et culturelle. C'est ce qu'exprime le schéma de synthèse ci-dessus issu des travaux du Sommet mondial de Johannesburg de 2002.

Dernière modification Dimanche, 09 Janvier 2011 14:30

JL

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